Truffes Hallucinogènes

Chapitre I · Définition

Chapitre I

Qu'est-ce qu'une truffe hallucinogène

Les truffes hallucinogènes sont des sclérotes de champignons Psilocybe : origine botanique, espèces cultivées et teneur mesurée en psilocybine.

Mis à jour le

Une truffe hallucinogène est un sclérote : une masse dure et compacte de filaments de champignon (le mycélium) qui sert de réserve. Certaines espèces de Psilocybe en forment sous terre, en plus ou à la place des champignons visibles en surface. Ces sclérotes contiennent de la psilocybine. On les appelle aussi truffes magiques ou philosopher's stones, « pierres philosophales ».

Une réserve souterraine, pas un fruit

Un champignon est surtout un réseau de filaments invisibles dans le sol. Le champignon à chapeau que l'on cueille n'en est que l'organe de reproduction. Le sclérote est autre chose : un nœud serré de mycélium, riche en réserves, qui permet au champignon de survivre à la sécheresse ou au froid et de repartir plus tard.

Le nom de « truffe » vient seulement de l'apparence : des pépites irrégulières, brun clair, de la taille d'une noisette à celle d'une noix. Les truffes de cuisine (genre Tuber) sont des organes de reproduction d'un tout autre groupe de champignons et ne contiennent pas de psilocybine.

Les espèces qui en produisent

Toutes les espèces de Psilocybe ne forment pas de sclérotes. Celles que l'on retrouve dans le commerce néerlandais sont peu nombreuses :

EspèceDescription scientifiqueOrigine du spécimen décrit
Psilocybe tampanensisGuzmán et Pollock, 1978trouvé une seule fois à l'état sauvage, en 1977, près de Tampa (Floride)
Psilocybe mexicanaHeim, 1957Mexique
Psilocybe atlantisGuzmán, Hanlin et White, 2003comté de Fulton, Géorgie (États-Unis) ; proche de P. mexicana

Les sources sont les descriptions de P. tampanensis1, de P. mexicana2 et de P. atlantis3, qui renvoient aux publications originales.

Les noms de vente (Hollandia, Dragon, Utopia, Valhalla) ne sont pas des espèces. Ce sont des souches ou des lignées de culture, souvent issues de l'une des espèces ci-dessus. Les boutiques ne disent pas toujours de laquelle. Le chapitre II les présente une à une.

Ce que contient une truffe

Les champignons hallucinogènes contiennent deux substances proches : la psilocybine et la psilocine. Dans l'organisme, la psilocybine est transformée en psilocine, qui produit les effets.

La seule analyse publiée de truffes vendues dans le commerce vient de l'Istituto Superiore di Sanità à Rome. Les chercheurs ont trouvé uniquement de la psilocybine, à raison de 59,3 à 167,8 µg pour 100 mg de sclérote frais (Pellegrini et al., 20134). Ramené au gramme :

Poids de truffe fraîchePsilocybine (fourchette mesurée)
1 g0,6 à 1,7 mg
5 g3 à 8,5 mg
10 g6 à 17 mg
15 g9 à 25 mg

Deux leçons à en tirer. D'abord, la teneur varie presque du simple au triple entre échantillons. Ensuite, une truffe fraîche est composée en grande partie d'eau : à poids égal, elle est nettement moins concentrée qu'un champignon séché. Il n'existe aucune analyse indépendante par variété commerciale. Les classements de puissance des boutiques reposent sur leur propre expérience.

Truffes et champignons, deux statuts différents

La différence botanique a eu une conséquence juridique aux Pays-Bas. Les champignons frais contenant de la psilocybine y sont interdits depuis le 1er décembre 2008. Les sclérotes, qui ne sont pas des champignons au sens de cette interdiction, sont restés en vente libre dans les smartshops. Cette distinction n'existe pas en France, en Belgique ni en Suisse. Le détail est au chapitre VI.

Comment elles sont vendues

Aux Pays-Bas, les truffes se vendent fraîches, sous vide, en sachets de 10 à 25 grammes le plus souvent, avec une date limite sur l'emballage. Elles se mangent crues ; leur goût est souvent comparé à la noix, avec une amertume nette. Comme tout produit frais, elles se gardent au réfrigérateur : voir conservation.

Pour la suite : les variétés, puis les effets et leur déroulement.

Notes et sources

  1. P. tampanensis en.wikipedia.org
  2. P. mexicana en.wikipedia.org
  3. P. atlantis en.wikipedia.org
  4. Pellegrini et al., 2013 pubmed.ncbi.nlm.nih.gov

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