Les premiers effets des truffes apparaissent en général entre 15 minutes et une heure après les avoir mangées. L'expérience dure de 4 à 6 heures, suivie de quelques heures où l'on n'est pas encore tout à fait dans son état normal. Les effets touchent la perception (couleurs, sons, formes), la pensée et l'humeur, et s'accompagnent de signes physiques. Leur intensité dépend de la dose, de la variété, de la personne et du cadre.
Les durées selon les sources
Les organismes de prévention donnent des fourchettes proches :
| Source | Début des effets | Durée |
|---|---|---|
| Santé Canada, fiche « Psilocybine et psilocine » (3 avril 2024) | 15 à 45 minutes | 4 à 6 heures |
| DRUGSinfo, Institut Trimbos1 (Pays-Bas) | 20 à 60 minutes | 3 à 4 heures, sans être sobre ensuite |
| Energy Control2 (Espagne) | 15 minutes à plus d'une heure | 4 à 6 heures, plus environ 2 heures de redescente |
L'estomac joue beaucoup : à jeun, la montée est plus rapide ; après un repas, elle peut tarder au-delà d'une heure. C'est la principale raison pour laquelle certains croient la dose « trop faible » et en reprennent, puis voient les deux prises agir en même temps.
Phase par phase
La montée, de 15 à 60 minutes
Les premiers signes sont souvent physiques : bâillements, frissons, mains froides, estomac lourd, légère nausée, agitation. Les pupilles se dilatent. Puis la lumière semble changer, les couleurs deviennent plus vives, les contours plus nets. Une certaine nervosité est fréquente à ce stade et retombe en général quand les effets s'installent.
Le plateau, de la première à la troisième heure
C'est la phase la plus intense. Selon la dose :
- Perception. Couleurs saturées, surfaces qui semblent respirer ou onduler, motifs géométriques les yeux fermés. La musique paraît plus riche, plus spatiale.
- Pensée. Associations d'idées inhabituelles, difficulté à suivre une conversation ordinaire, impression que certaines pensées prennent une importance particulière.
- Temps. Il s'étire ou se contracte ; une demi-heure peut sembler durer une après-midi.
- Humeur. Fous rires, émerveillement, émotion, mais aussi inquiétude ou tristesse. Les émotions peuvent changer vite.
La descente, de la troisième à la sixième heure
Les effets visuels diminuent progressivement. Beaucoup de personnes décrivent un état calme, parfois fatigué, avec l'envie de parler de ce qui s'est passé. On n'est pas encore en état de conduire, de faire du vélo dans la circulation ou de prendre des décisions importantes.
Le lendemain
Fatigue et sommeil plus court sont courants. Certaines personnes se sentent encore un peu décalées pendant une journée. Prévoir un lendemain sans obligation fait partie de la préparation.
Les effets physiques
Santé Canada signale une augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle. Energy Control2 cite aussi nausées, vertiges, frissons, bâillements, bouche sèche et pupilles dilatées. Ces effets sont généralement passagers ; ils comptent davantage pour les personnes qui ont un problème cardiaque, comme expliqué au chapitre IV.
Aucun décès par surdose de psilocybine seule n'est décrit par Energy Control. Les dangers réels viennent du comportement pendant l'effet (circulation, eau, hauteurs, fuite en panique), des mélanges avec d'autres produits et des réactions psychiques.
Le bad trip
Un « bad trip » est une expérience vécue comme effrayante : angoisse, sentiment de perdre le contrôle ou de devenir fou, pensées qui tournent en boucle, méfiance envers les autres. Santé Canada note qu'il survient surtout à forte dose. Les facteurs qui reviennent : une dose trop élevée ou reprise, la foule et le bruit, un endroit que l'on ne peut pas quitter, l'absence d'une personne sobre, un mauvais moment de vie.
Ce qui aide, selon les organismes de réduction des risques :
- changer de pièce ou de cadre, baisser la lumière, couper la musique trop forte ;
- une personne calme qui rappelle simplement que c'est l'effet de la truffe et que cela va passer ;
- respirer lentement, boire un peu d'eau, s'asseoir ou s'allonger.
Les remèdes populaires (vitamine C, sucre, produits laitiers) n'ont pas de base scientifique, selon la brochure « Setas » d'Energy Control3. Si quelqu'un se met en danger, perd connaissance, convulse ou respire mal, appelez le 112, le numéro d'urgence aux Pays-Bas, en disant ce qui a été pris.
Après coup
Une expérience difficile peut laisser une impression d'étrangeté pendant quelques jours. Drogues Info Service4 conseille dans ce cas des activités calmes, du temps et, si la gêne persiste, d'en parler à un professionnel de santé. Les reviviscences (flashbacks) sont rares ; Energy Control indique que le cannabis consommé après coup peut les favoriser.
La suite logique : dosage et risques.